Comment fonctionne le cerveau des hypersensibles ?

S O M M A I R E

5 min de lecture

L’hypersensibilité est une notion controversée qui suscite de vifs débats. Certaines personnes la considèrent comme un trait de personnalité unique, tandis que d’autres la perçoivent comme une invention creuse de la psychologie moderne pour vendre des livres de développement personnel.

Toutefois, les recherches approfondies et les nombreux témoignages recueillis confirment l’existence de l’hypersensibilité. Celle-ci trouve ses fondements dans les neurosciences et est reconnue comme « un trait biologique bien établi »

Qu'est-ce que l'hypersensibilité ?

L’hypersensibilité, également connue sous le nom de « haute sensibilité », a été conceptualisée dans les années 1990 par Elaine Aron. Cette psychologue américaine définit l’hypersensibilité comme « un tempérament distinct d’origine neurologique », qui se caractérise par une sensibilité accrue dans le traitement de l’information, ou « sensory-processing sensitivity » (SPS).

Les personnes hypersensibles présentent un seuil de détection plus bas aux stimuli sensoriels et émotionnels, une réactivité émotionnelle intense, une empathie profonde, et une perception aiguisée des nuances subtiles de leur environnement.

Intéressant à noter, cette sensibilité élevée n’est pas exclusivement humaine; elle a également été observée chez de nombreuses espèces animales, les animaux étant eux aussi plus ou moins sensibles.

Comment fonctionne le cerveau des hypersensibles ?

Bien que souvent analysée sous un prisme psychologique ou émotionnel, l’hypersensibilité a été éclairée par des études récentes en neurosciences.

Les recherches suggèrent que plusieurs gènes pourraient être impliqués dans l’hypersensibilité et que, chez les personnes hypersensibles, certaines zones du cerveau sont exceptionnellement réactives à certains stimuli émotionnels, sonores ou visuels. 

L'hypersensibilité, en partie héritée génétiquement

Plusieurs recherches, mises en avant par le magazine Cerveau&Psycho, indiquent que l’hypersensibilité serait en partie héritée génétiquement. 

C’est ce que souligne notamment une étude réalisée en 2015 par Tena Vukasović et Denis Bratko de l’université de Zagreb. Ces deux chercheurs ont synthétisé les résultats de 62 études impliquant plus de 100 000 participants et en ont conclu que la personnalité d’un individu est en partie héritée génétiquement, avec un taux d’héritabilité variant entre 22% et 47%, les valeurs étant plus élevées dans les études sur les jumeaux.

Toutefois, cette étude n’utilisait pas de mesure de la sensibilité. Pour pallier cette lacune, Elham Assary a dirigé en 2021 une recherche analysant 2868 jumeaux afin d’explorer les liens entre la sensibilité et d’autres traits de personnalité. Cette étude a révélé que 47% des variations de sensibilité entre individus pouvaient être attribuées à la génétique

Il est cependant crucial de nuancer ces résultats car, même si ces études soulignent l’importance des facteurs génétiques, elles ne déterminent pas quels gènes sont spécifiquement impliqués dans la sensibilité

D’autres recherches, telles que celle réalisée en 2003, ont révélé une variation du gène transporteur de la sérotonine, qui présente une forme plus courte chez les personnes hypersensibles, pouvant les rendre plus sujettes à l’anxiété. De ce fait, comme le souligne le chercheur Nicolas Gauvrit, l’anxiété augmentant avec la sensibilité, il serait logique de penser qu’un tel gène pourrait expliquer des variations de sensibilité. 

Bien que cette étude appuie la théorie selon laquelle les gènes influent sur le degré de sensibilité, à ce jour, aucun gène spécifique à l’hypersensibilité n’a été clairement identifié. Par conséquent, comme le souligne Elaine Aron dans son livre Mon enfant est hautement sensible, il est probable que de nombreux gènes contribuent au degré de sensibilité, à l’instar de la plupart des traits psychologiques héritables.

L'hypersensibilité, un fonctionnement neuronal différent ?

Certaines zones du cerveau chez les personnes hypersensibles réagissent également de manière particulièrement intense à des stimuli précis, qu’ils soient émotionnels, sonores ou visuels.

Zones émotionnelles réactives

Dans une étude de 2014, Bianca Acevedo et son équipe ont utilisé des IRM pour observer l’activité cérébrale des personnes très sensibles en réponse à des photos de leurs proches affichant des expressions faciales positives, négatives ou neutres. Ils ont trouvé que l’aire liée à l’intégration sensorielle, la conscience et l’empathie était plus active chez les personnes sensibles, surtout lorsqu’elles voyaient des expressions de joie ou de tristesse des personnes qu’elles connaissaient. Cette étude montre que les personnes très sensibles ont une capacité particulière à ressentir et à réagir aux émotions des autres, ce qui renforce l’idée que l’hypersensibilité influence profondément la manière dont les stimuli émotionnels sont traités et exprimés.

Par ailleurs, une étude internationale menée en 2016 a trouvé que chez les femmes hypersensibles, un réseau neuronal émotionnel impliquant notamment l’amygdale, essentielle pour traiter les émotions, s’active davantage lorsqu’elles entendent des cris d’enfants. Pour elles, ces cris provoquent des réactions émotionnelles plus intenses et des signes physiques de stress, par rapport à des femmes moins sensibles. 

Ces études démontrent que la réponse du cerveau des personnes hypersensibles aux stimuli émotionnels est exceptionnellement intense en raison de leurs capacités neurologiques distinctes en matière d’empathie et de perception sensorielle. 

Hypersensibilité aux sons

En 2018, des chercheurs finlandais ont mené une recherche importante pour étudier les caractéristiques anatomiques du cerveau chez les personnes hypersensibles, se concentrant spécifiquement sur leur stimulation sonore. Les résultats ont indiqué que les individus les plus sensibles présentaient un volume accru de matière grise dans les régions entourant les lobes temporaux, des zones cruciales pour la genèse des émotions et l’analyse des sons.

Cette recherche a donc démontré que l’hypersensibilité aux sons se manifeste non seulement au niveau comportemental mais aussi à travers « l’existence d’un marqueur cérébral de l’hypersensibilité, au moins pour cette modalité sensorielle ». 

Accès rapide à la conscience

Une étude réalisée en 2021 a révélé que les individus hautement sensibles perçoivent les apparitions de visages plus rapidement que ceux étant moins sensibles. Cette découverte suggère que la sensibilité accélère la perception des stimuli.

Conclusion sur le cerveau des hypersensibles

Les recherches récentes en neurosciences ont significativement élargi notre compréhension de l’hypersensibilité, montrant qu’elle repose sur des fondements biologiques solides, plutôt que sur des explications purement psychologiques. Néanmoins, bien des aspects de l’hypersensibilité nécessiteraient de plus amples recherches scientifiques, comme les bases neuronales de la sensibilité. 

Cerveau des hypesensibles

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Cet article a été rédigé exclusivement à partir du magazine Cerveau&Psycho « Êtes-vous hypersensible ? Ce que disent les neurosciences sur un concept controversé » en date de mars 2022.

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2 réponses

  1. Bonjour Jennifer
    merci pour cet article fort intéressant.
    Merci aussi de m’avoir fait connaitre cette belle revue.
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    Belle journée

    1. Bonjour Eric !

      Merci beaucoup pour ton retour, je suis ravie si l’article t’a plu et de t’avoir fait découvert le magazine Cerveau&Psycho 😍

      Je suis certaine que tu y apprendras plein de belles choses passionnantes !

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